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L’ÉDUCATION PARENTALE – COMMENT ATTEINDRE LE NIRVANA

Par Ann Douglas

C’est le paradoxe ultime des temps modernes en termes d’éducation parentale; nos connaissances à cet égard sont plus élevées que nos générations de parents précédentes, mais la plupart d’entre nous éprouvent ce sentiment terriblement angoissant d’être complètement dépassé.

Non seulement sommes-nous présentement péniblement au courant de l’impasse qui existe entre ce que les gourous de la présente génération nous dictent notre conduite et que nous, simples mortels, sommes actuellement capables de faire en termes d’éducation parentale, nous devons faire face à des défis de taille que nos parents et grands-parents n’ont jamais seulement envisagés.

Nous voulons cependant être de bons parents. Des parents extraordinaires, même. (Je veux dire pourquoi se contenter d’être bons si nous pouvons être extraordinaires?)

Si, comme la plupart des mamans et papas modernes, votre cœur désire atteindre le nirvana, mais que vous en ayez momentanément perdu l’itinéraire, cet article vous est dédié. Voici sept points qui vous aideront à devenir des parents plus calmes et plus efficaces et—avec un peu de chance—atteindre quelques-uns des buts que vous vous êtes fixés.

1. Développer votre propre style —style d’éducation parentale, évidemment. Ne vous forcez pas à accepter les idées de tout le monde, à savoir comment être un bon parent. Développez votre propre style unique d’éducation parentale, un style qui vous va comme un gant.

Pour quelque raison que ce soit, nous avons tendance à nous en remettre aux experts qui prétendent avoir toutes les réponses en termes d’éducation parentale—vous savez, les gourous à la figure toujours souriante qui nous servent pleins de conseils parentaux lors de débats télévisés, ont tendance à nous laisser croire que leurs conseils conviennent à tous les enfants, tel une grandeur de jeans pour tous.

Plutôt que de suggérer des conseils généraux qui s’appliquent à tous, il serait préférable d’inculquer aux parents de se fier à leur propre intuition. La plupart d’entre nous, après tout, lisons plein de livres au moins à dix reprises sur le sujet, ce que nos parents n’ont jamais fait—et, de plus, nous sommes inscrits à des cours d’éducation parentale, souscrivons à des magazines sur le sujet et consultons maintes sources en la matière.

C’est excellent que des experts nous entretiennent au sujet d’un problème particulier, mais c’est difficile de ne pas ressentir un sentiment d’ambivalence lorsque l’expert A vous dit que le problème avec les enfants d’aujourd’hui est qu’ils ne sont pas assez disciplinés et que l’expert B vous dit que le problème avec les enfants d’aujourd’hui est qu’ils sont disciplinés de façon trop punitive. Quels pauvres parents confus devenons-nous!

Ce que vous devez faire pour éviter d’être tiraillé par une vague marémotrice d’informations contradictoires est d’adopter comme politique de gérer ce que vous voyez, entendez ou lisez au sujet des enfants selon votre propre filtre parental personnel. Si vous utilisez ce filtre pour écarter tout conseil qui ne semble pas vous convenir, vous vous épargnerez à vous et à vos enfants une aggravation inutile de la situation. En outre, les experts seront rendus bien loin par le temps que leur conseil loufoque fonctionne pour vous. Vous serez laissés à vous même lorsque vous aurez à payer la facture salée du thérapeute de votre enfant!

2. Entrez en mode de puissance conservatrice. Comprenez où se situe votre vraie puissance, à savoir ce qu’est votre rôle de parent—l’engagement qui existe entre vous et votre enfant—et faites ce que vous pouvez pour sauvegarder cette source puissante.

Les parents passent beaucoup de temps à s’inquiéter au sujet du comportement de leur enfant. (En fait, selon une étude effectuée par le National Family and Parenting Institute, la seule chose qui inquiète le plus les parents est la possibilité que leur enfant développe des problèmes de drogue ou d’alcool). Mais, ce que plusieurs parents semblent ne pas réaliser, est qu’un moins peut devenir un plus pour gérer efficacement le comportement de leur enfant.

Bien qu’il peut sembler contraire à l’intuition, un parent de style moins contrôlant peut maximiser son pouvoir comme parent, parce que son enfant peut moins ressentir le besoin de défier son autorité à une étape donnée. C’est lorsque vous-même entrez en mode de contrôle excessif que vous vous placez en position de Mère de toutes les Luttes en Puissance entre vous et votre enfant—la bataille est perdue d’avance, en passant. Votre enfant de trois ans peut porter toute son attention à tenter de gagner ce round, alors que vous, de votre côté, devez vous inquiéter à déplacer de l’argent dans différents comptes de banque, acheter un cadeau à votre mère et vous occuper des 1001 autres choses qui font partie du monde des adultes. Épargnez-vous beaucoup d’aggravation en vous occupant de la seule source de pouvoir qui compte dans la machine de guerre parent-enfant: l’engagement émotionnel qui lui fait gagner votre approbation.

En outre, un parent de style contrôlant ne pourra le faire continuellement. Une Université d’Edinburgh où plus de 4000 jeunes de 12 et 13 ans y étudient, ont noté que les ados semblent moins se mettre en situation problématique lorsqu’ils ont des parents moins autocratiques. Donc, à moins de vouloir vous placer en situation de mutinerie pendant les années ados et pré-ados, il serait peut-être préférable de vous placer en mode de puissance conservatrice, plus tôt que plus tard.

3. Refusez d’élever la barre parentale trop haute pour vous. Lorsque vous exigez de vous la perfection, vous augmentez simplement vos chances d’expérimenter une chute plutôt brusque et retomber à plat sur la figure. Donc, épargnez-vous ce saut de l’ange magistral en établissant un code parental de conduite pour vous-même—pas un pour les bons ou les moins bons non plus, mais un qui convient parfaitement à un parent glorieux mais imparfait comme vous.

En outre, à quel endroit est-ce écrit dans la description de tâche parentale que la perfection est requise? À aucun endroit, à date. Donc, essayez le plus possible d’être aussi indulgent pour vous-même que vous l’êtes avec vos enfants lorsqu’ils font des erreurs et l’acceptation de descendre de votre piédestal est inévitable. Vous êtes humain, après tout.

4. Soyez réaliste avec vos enfants également. Assurez-vous que vos attentes sont fermement fondées sur la réalité—que vous n’en demandez pas plus qu’ils sont capables de donner. C’est bien d’essayer de les motiver et de les inspirer en établissant des standards élevés pour eux, mais des standards trop élevés ne feront que les décourager et les démotiver—ce n’est pas exactement le moyen idéal pour accroître leur estime d’eux-mêmes!

Si Mère Nature vous a fourni un défi de taille extra sur le front parental, vous vous ferez un devoir de comparer vos notes avec celles d’autres parents qui comprennent par quoi vous passez et qui vous informeront à savoir si vos attentes sont réalistes ou si vous rêvez en trois couleurs!

Vous trouverez sans doute du support et de la compréhension si vous faites appel aux parents d’enfants plus difficiles que de joindre les rangs de parents “d’enfants faciles”. Comme Harriet Lerner, Ph.D. le mentionne dans son livre The Mother Dance, les parents “d’enfants faciles” sont quelques fois coupables de s’accorder trop de crédit pour ce qui, au fond, n’est qu’une chance biologique—ce qui peut les porter à juger plutôt durement les parents qui doivent faire face à de plus gros défis parentaux. Elle explique: “Telle mère croît sincèrement que vous pouvez facilement mettre sous contrôle un membre de votre progéniture prompt, défiant, rebelle et coloré, seulement en les maîtrisant de façon appropriée”.

5. Aimez les personnes avec qui vous vivez. Ce petit conseil ne s’applique pas seulement au monde de la romance, il s’applique également au monde parental. Plutôt que perdre votre temps à espérer que votre enfant soit un peu moins intense, un peu plus coopérant, un peu moins entêté, vous ménageriez mieux vos énergies si vous tentez de l’apprécier pour ce qu’il est—vous savez, la version complètement crue, non éditée!

Quelques fois ceci signifie d’accepter le fait que vous et votre enfant êtes deux entités complètement différentes. Après tout, même à contre courant, elle est juste une mini-vous et même si vous essayez fortement de l’intéresser à la course automobile, à l’astronomie ou à la cuisson gourmet—en fait, n’importe quoi qui fait vibrer votre cœur un peu plus vite—vous en perdez votre souffle si elle est accroc aux verres de terre ou à toute autre petite bestiole qui donne la chair de poule. Et en bout de compte, vous risquez de vous frustrer inutilement et par la même occasion, d’exaspérer votre progéniture chérie. Si vous essayez de lui vendre votre George Curieux maison sur les mérites de rester assise pendant des heures—ou si vous essayez de convaincre votre enfant terriblement gêné que c’est “amusant” de passer une journée à s’amuser avec un enfant étranger, turbulent et lourd au pique-nique annuel de votre compagnie. (Amusant - Wow.)

Donc, plutôt que de tenter de vous battre au sujet du comportement inné de votre enfant, pourquoi ne pas apprendre à l’apprécier pour l’enfant miracle unique qu’elle est et sur un style parental qui fera ressortir le meilleur et non le pire? Cette façon créative de penser est, après tout, ce que l’éducation parentale devrait être.

6. Choisissez vos modèles et mentors parentaux à la loupe.
Encore mieux, élisez votre propre comité parental—un groupe de parents que vous aimez et respectez et que vous pouvez rejoindre par téléphone, courriel ou à l’heure du thé, dès que vous aurez un dur moment à passer (et inévitablement vous en aurez!).

Et n’ayez aucune crainte de retourner à Parent U pour un brin de recyclage académique si la situation le requiert. Lisez des livres, prenez des cours, parlez à d’autres parents, faites tout ce que vous pouvez pour élaborer un programme de développement professionnel ultime pour vous-même, afin d’avoir une longueur d’avance au sujet du jeu parental.

L’art d’être parent est, après tout, l’expérience ultime personnelle de croissance—une opportunité de vous intéresser à toutes sortes de moyens nouveaux et imprévisibles (et, non, je ne parle pas de pointage ici). Tout comme lorsque vous découvrez votre fibre maternelle pour un bébé, votre enfant se change en bambin, vous forçant à aiguiser vos habiletés de patience à un tel degré que vous pensez être sur la voie de la sainteté. Et d’un stage à l’autre, dès que vous avez maitrisé un ensemble d’habiletés, vous êtes appelée à en maîtriser un autre. C’est ce qui rend l’art parental si intéressant et si plaisant, vous n’avez jamais la chance de vous retrouver en situation de routine.

Évidemment, l’art d’être parent peut être épuisant et frustrant également. Il y a des jours où vous jureriez apparaître en tant que candidate à l’émission réalité la plus éreintante jamais inventée—Parent Télé. C’est au cours de ces journées que vous devez prendre le combiné et appeler une amie qui a une longueur d’avance sur vous dans les tranchées parentales—qui peut vous réassurer au sujet de votre enfant qui pousse présentement un peu trop fort sur vos boutons - que c’est temporaire. Avant de le réaliser, votre enfant aura procédé à un autre défi qui poussera vos boutons dans une nouvelle direction entièrement différente. Et ce sont de bonnes nouvelles dans une telle expérience de croissance, n’est-ce pas? N’est-ce pas?

7. Gardez votre confiance et votre optimisme. Garder sa confiance et son optimisme comme bouée de sauvetage peut vous aider grandement à traverser quelque tempête que vous traverserez au cours de votre voyage parental en mer quelques fois turbulente. Ces outils peuvent également vous aider à ne pas perdre de vue qu’élever un enfant peut vous apporter également de grandes joies dans la vie. Parce que, malgré les moments difficiles inévitables auxquels nous devons faire face lors de Très Mauvaises Journées (ces jours où votre patience a été poussée au-delà de vos limites—et il n’est pas encore 8h du matin), vous aurez juste assez de moments magiques pour continuer.

Et, le plus souvent, ce sont les petits à-côtés quotidiens qui nous catapultent subitement vers le nirvana parental: les rires et les contorsions d’un bambin tout frais après le bain qui semble résolu à se salir de nouveau ou le premier sourire d’un bébé heureux aux yeux brillants.

Ces moments privilégiés entre parent et enfant représentent de la pure magie—l’essence véritable de ce que signifie aimer et être aimée. Et tout parent qui a eu ce privilège vous le dira, rien dans la vie n’est aussi valorisant.

Ann Douglas est l’auteur de The Mother of All Pregnancy Books (John Wiley and Sons, 2002).